Votre capsule historique hebdomadaire : le cimetière Saint-Patrick !

Domaine Woodfield, reproduction d’une peinture de J. Cockburn Source : Archives de la ville de Québec, N083629

Au début du 19e siècle, la ville de Québec voit arriver de nombreuses vagues d’immigration provenant du nord de l’Europe, notamment de l’Irlande. Une étude démographique du territoire de Sillery dès cette période témoigne de cette présence irlandaise. De fait, l’existence d’un cimetière catholique irlandais permet de comprendre l’importance de la communauté irlandaise sur le territoire. Un peu en recule du chemin Saint-Louis, le cimetière Saint-Patrick se distingue par ses croix celtiques qui rappellent l’origine de ses défunts. Toutefois, avant de devenir un lieu de repos « éternel », cette partie du territoire avait une tout autre vocation.

En 1816, le marchand anglais William Sheppard fait l’acquisition du domaine Woodfield sur lequel existe à cette époque une villa anglaise construite au début du 18e siècle. Reconstruite après la guerre de la Conquête, la propriété est d’inspiration anglaise. Peu de temps après la prise de possession, Sheppard décide d’acheter une terre voisine afin d’agrandir la propriété. Avec sa femme, il embellit également le paysage extérieur en y ajoutant des serres, un jardin d’hiver, des fleurs ainsi que des arbres. La résidence principale est malheureusement emportée par les flammes en 1842. Elle est reconstruite peu après au centre du domaine. William Sheppard prend la décision de s’en départir cinq ans plus tard en raison de problèmes personnels financiers. Deux décennies plus tard, la villa est de nouveau victime d’un incendie.

Vers la fin du 19e siècle, la paroisse catholique irlandaise de Saint-Patrick commence à s’intéresser au vaste domaine presque abandonné. En 1877, le curé Joseph Henning achète une partie du domaine afin d’y installer un cimetière. L’inauguration du lieu se déroule le 18 mai 1879, et selon les médias de l’époque, 4000 à 6000 personnes sont présentes. La cérémonie est célébrée par l’archevêque Elzéar A. Tashchereau. La paroisse catholique prend la décision de conserver plusieurs structures du domaine Woodfield, c’est-à-dire les boisées, l’allée principale, le bâtiment à l’entrée ainsi que l’écurie. Cette dernière sera transformée en une petite chapelle. Une fosse commune est également creusée à proximité afin d’y déposer les corps auparavant enterrés au cimetière irlandais. Dans cette fosse, nombreux et nombreuses sont ceux et celles qui ont été victimes des pandémies du siècle. La pandémie de choléra de 1832 et celle de typhus de 1847 ont grandement touché la communauté irlandaise.

Carte du cimetière de Saint-Patrick
Source : Cimetière Saint Patrick’s Quebec

Aujourd’hui, le cimetière Saint-Patrick accueille quelques centaines d’âmes de provenances différentes. Parmi celles-ci, on compte une quarantaine d’individus décédés tragiquement en septembre 1889 dans l’éboulement de la rue du Petit-Champlain. Plusieurs autres sont aussi des victimes du naufrage de l’Empress of Ireland survenu en mai 1914. Par ses origines et son histoire, ce lieu de recueillement atteste d’une importante présence irlandaise sur le territoire sillerois.

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Brève bibliographie

 « Cemetery History ». Saint Patrick’s Quebec. https://stpatricksquebec.com/cemetery-history/, consulté en août 2021.

« Cimetière Saint-Patrick ». Ville de Québec. https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/ patrimoine/quartiers/sillery/interet/cimetiere-saint-patrick.aspx, consulté en août 2021.