Calendrier de l'Avent, jour 24

Calendrier de l’Avent, jour 24 : L’histoire des crèches de Noël 🎁

L’une des traditions chrétiennes de Noël les plus connues est sans contredit celle des crèches de Noël. Dans nos paroisses, chaque église a sa crèche avec ses nombreux personnages aux couleurs éclatantes et qui révèlent des symbolismes et des conventions. Il y a quelques décennies encore, au Québec, toutes les maisons avaient sa crèche agrémentée de son village. Lorsqu’on arrive à chercher l’origine de cet important élément de la religiosité populaire, on se heurte rapidement à des mythes, à des demi-vérités. Nous allons essayer aujourd’hui, en cette veille de Noël, de départager la légende de la réalité.

La signification de la crèche

Pour la majorité des gens, la crèche, et c’est réel, est la représentation de la naissance de Jésus. En fait, le nom même de « crèche » vient du francique (langue ancêtre de l’allemand, du lorrain et du néerlandais) « krippia » qui voulait dire « mangeoire ». Ce terme fut repris par le latin qui le modifia en « cripia », toujours avec la même signification. C’est donc dire que l’usage du mot est ancien. En fait, son utilisation faisait à l’origine référence à la mise en scène de la Nativité. Cela fait aussi référence au récit de saint Luc, l’évangéliste, dans le Nouveau Testament : incapable de trouver un logement où accoucher, Marie et Joseph trouvent refuge dans une étable. Une fois né, l’Enfant Jésus a été déposé dans une mangeoire.

La crèche est une tradition chrétienne

Nous sommes là dans un cas de demi-vérité. En fait, la crèche n’est pas dans la tradition de tous les chrétiens. Par exemple, les chrétiens orthodoxes où les statues n’existent pas, la Nativité est représentée dans les icônes. Il n’y a pas de crèche. Il en est de même chez les Arméniens apostoliques, chez les Coptes, chez les assyro-Chaldéens d’Irak. Si la crèche est présente dans certaines familles luthériennes, calvinistes et anabaptistes, elle est absente des églises protestantes. Chez les anglicans, seules les églises du courant High Church ou épiscopalien ont intégré cette représentation dans leurs églises. En fait, la crèche, c’est principalement catholique.

La crèche est une « invention » de saint François d’Assises

La tradition occidentale fait remonter à saint François d’Assises (1181-1226) la création de la première crèche. Encore une fois, c’est une demi-vérité, mais la tradition donne quand même l’origine de cette croyance.

En fait, dès le IIIe siècle, les chrétiens de Palestine avaient l’habitude de recréer, dans une grotte de Bethléem, une mise en scène de la naissance de Jésus selon le récit de Luc. Ce serait justement à l’occasion d’un pèlerinage à Bethléem que François d’Assises, après avoir fondé l’ordre des mendiants (franciscains), rapporte cette mise en scène en Italie où elle se répandra rapidement. Soulignons donc qu’à l’origine (autant au IIIe siècle qu’au XIIIe siècle), elle était faite non pas avec des statuettes, mais avec de vraies personnes. Avant la crèche de Grecchio (où François était établi), les églises occidentales fêtaient la Nativité par des « mystères », mises en scène narrées sur le parvis des églises, accompagnés d’acrobates, danseurs et musiciens.

Avant le XVIe siècle, les représentations de la crèche se font avec des êtres vivants. Ce n’est qu’à partir de ce siècle que commence l’habitude de faire des crèches avec des statuettes de différentes grandeurs. Ce sont les Jésuites qui introduisent les premiers modèles à Prague, puis dans toute l’Europe catholique. Un siècle plus tard, la tradition du Jésus de cire, qui naît au début de ce siècle, est apportée en Nouvelle-France avec l’arrivée des Augustines et des Ursulines. Depuis, chaque communauté religieuse féminine avait sa propre méthode de fabrication de ces personnages (2/3 cire d’abeille, 1/3 paraffine, et de vrais cheveux bouclés).

Les personnages de la crèche

Dans la tradition romane, chaque personnage a sa couleur d’identification. Ainsi, Marie est habillée de bleu afin de symboliser sa pureté ; Joseph de brun pour montrer qu’il est plus vieux ; l’arrivée du bœuf vient de l’Ancien Testament : « Le bœuf connaît son possesseur et l’âne la crèche de son maître (Isaïe, 1 : 3) ». Pour l’âne, il est là puisque c’est sur son dos que Marie se rend à Bethléem.

Dans l’ensemble des crèches, on retrouve des bergers puisque ce sont eux qui ont été les premiers à voir l’enfant nouveau-né. Ils ont été choisis par Dieu et dirigés par les anges puisqu’ils sont des gens simples, ce qui indique que cette naissance est importante pour tous. Quant aux anges, ils sont les messagers de Dieu, ceux qui annoncent l’arrivée du Messie.

Dans la tradition, l’arrivée des personnages se fait souvent graduellement à partir du premier dimanche de l’Avent ou de la Saint-Nicolas (6 décembre) et c’est le 24 décembre qu’arrive la Sainte-Famille. Dans certains pays, la crèche reste sous l’arbre jusqu’au 2 janvier (fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem) ou jusqu’aux Rois (6 janvier, fête de l’Épiphanie). Ce jour-là arrivent les 3 rois mages : Melchior, Balthasar et Gaspard. Ils apportent l’or (royauté), l’encens (divinité) et la myrrhe (homme et mortel), les symboles des 3 aspects de Jésus. S’ils sont mentionnés dans l’évangile de Mathieu, ce n’est qu’au XVIIIe siècle qu’ils reçoivent un nom. Quant à la teinte de leur peau (brun, cuivré et blanc), elles démontrent que Jésus est venu pour tous. Pendant la Révolution française, les révolutionnaires interdisent la représentation de scènes religieuses en public. Les crèches se déplacent alors dans les foyers, à l’abri des dénonciateurs.

Au XVIIIe siècle apparaît en Provence toute une population de figurines représentant tous les corps de métiers que l’on retrouve en Provence. Ces santons, ou petits saints sont représentés avec les costumes locaux. Les santons apportent, comme les Rois mages, des cadeaux (le fruit de leur travail) à l’enfant nouveau-né. Les plus grandes fabriques de santons provençaux sont alors fondées à Marseille, Aix-en-Provence, Aubagne, Arles. Depuis les années 1980, la région de Charlevoix a adopté cette tradition provençale et l’a adaptée à la société charlevoisienne.


Voilà ! C’était la dernière journée de notre calendrier !

Nous espérons que les capsules de notre calendrier de l’Avent vous ont plu !

Nous vous souhaitons un joyeux Noël et une merveilleuse année 2021 ! De la santé, du bonheur et tout le succès du monde !

On se revoit l’année prochaine ☺️ !

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