Noël en provence !

Calendrier de l’Avent, jour 17 : Les traditions de Noël en Provence 🎁

La Provence, région du sud de la France est une des plus anciennes régions christianisées de la France. En effet, la tradition faite remonter aux débuts du christianisme la présence des premières communautés chrétiennes de Provence. Obligées par les Romains de s’exiler, les trois Marie se réfugient en Camargue. Ces trois Maries, ce sont Marie-Madeleine, Marie Salomé et Marie Jacobé. Deux étaient selon l’Évangile de Jean, au pied de la croix lors de la crucifixion de Jésus. Marie-Madeleine a son tombeau à saint-Maximin-la Sainte-Beaume. Son tombeau est le 3e plus important de la chrétienté, après le Saint Sépulcre (Jérusalem) et celui de Pierre (Rome).

Quant à Marie Salomé, elle n’est nulle autre que la mère de saint Jacques le Majeur (dont le tombeau est à Compostelle) et de saint Jean l’évangéliste. Marie Jacobé pour sa part est la cousine de Jésus et mère de Jacques le Mineur. Ces trois Maries arrivent donc à l’actuelle Saintes-Maries-de-la-Mer. Là, elles débuteront la conversion des Provençaux au christianisme. C’est donc dire que les traditions de Noël sont très fortes dans cette région. Nous allons maintenant vous en présenter quelques-unes des plus connues.

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La tradition du blé de la sainte Barbe

La première tradition est probablement celle qui est la moins connue, mais la plus liée à l’époque de l’Avent. C’est celle du blé de la sainte Barbe. Le 4 décembre, les Provençaux se procurent à la boulangerie des grains de blés et mises dans des soucoupes recouvertes de coton. Le prix de la vente des grains est versé à des œuvres de bienfaisance. La pousse des grains indique ce que sera l’année suivante. Si le blé pousse droit et vert, ce sera une année prospère. Il sera alors mis, la veille de Noël auprès de la crèche. Au contraire, si le blé ne pousse pas, ou s’il est courbe et malingre, il sera jeté, car l’année suivante sera mauvaise. Peut-être cette tradition vient-elle des anciens cultes qui avaient cours avant le christianisme puisque le culte des trois matres, déesses de fertilité des Gaulois y était très important.

La tradition des marchés de Noël

La deuxième tradition est celle des marchés de Noël. Les premiers marchés de Noël de Provence sont plutôt des foires où la vente des santons est à l’honneur. Dès la mi-novembre, les grandes villes santonnières organisent des marchés afin que les gens puissent préparer la crèche. Ensuite, en décembre, chaque ville organise son marché de Noël afin que tous puissent adéquatement se préparer à Noël. Car en Provence, Noël se prépare tôt! Ces marchés en plein air offrent aux acheteurs des victuailles, des produits de l’artisanat et de quoi faire des cadeaux. Considérant qu’il fait froid (la température est très relative!), les gens peuvent acheter dans ces marchés du vin chaud aromatisé à la cannelle ou aux épices.

La crèche et les santouns

Tout est maintenant en place pour préparer la crèche et les santouns (nos santons ou «petits saints» en provençal). Traditionnellement, les santons sont façonnés à la main, en argile, puis peints de différentes couleurs pour représenter des humains. Les santons peuvent avoir différentes hauteurs, mais les plus représentatifs sont de petit format. Ils représentent la société provençale, avec sa hiérarchie, ses métiers.

En fait, ils représentent tous les habitants du village qui partent à la crèche (elle aussi en argile) afin d’adorer l’enfant-dieu qui vient de naître. Avec les siècles s’ajoutent de nouveaux personnages, au gré des ateliers, mais aussi des nouveautés dans la société : aux boulangers, médecins, bergers, ravi (l’idiot qui les bras levés est ravi de la naissance de Jésus), poissonniers et pêcheurs, s’ajoutent l’étameur, les joueurs de boules (pétanque), monsieur Jourdan, etc.

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Les 13 desserts de Noël

Lorsque Noël arrive, les familles s’affairent aux fourneaux afin de préparer les 13 desserts de Noël. Contrairement à nous, le repas de Noël est pris avant de se rendre à la messe de minuit. Sur la table, recouverte de 3 nappes blanches (le chiffre 3 pour la Trinité) où sont mis 3 chandeliers blancs aux bougies allumées et 3 soucoupes de blé de Sainte Barbe.

Le souper (tiens, ça nous ressemble déjà plus) est composé de 7 plats maigres (qui rappellent les 7 douleurs de la Vierge), de 13 petits pains. Le tout se termine par les 13 desserts de Noël, représentant la dernière Cène, soit Jésus et ses 12 disciples. Si les plats maigres ne sont pas spécifiquement prescrits, les 13 desserts eux le sont. On y retrouve les 4 mendiants, associés à des communautés religieuses mendiantes : les mendiants aux figues sèches (associés aux franciscains), ceux aux amandes (associés aux carmélites), ceux aux raisins secs (pour les dominicains) et ceux aux noix (associés aux augustins). Suit ensuite le plat de dattes en rappel de Jésus dont l’origine est palestinienne.

Ensuite viennent les deux nougats : le blanc pour les pénitents blancs (les représentants d’une confrérie dont les membres sont habillés en blanc); et le nougat noir (pour les membres habillés en noir). On y retrouve aussi la pompe à l’huile (ou fougasse à l’huile d’olive) et la pâte de coing. Dans certaines régions de la Provence, comme à Apt et Carpentras, la pâte de coing est remplacée par des fruits confits. Les derniers desserts sont les oreillettes, ou petites gaufres légères et fines et les plats de fruits (poires, oranges, raisins ou melons d’hiver). Tous ces plats doivent rester sur la table pendant 3 jours. Ce n’est que le 27 décembre qu’ils pourront être consommés par la famille et ses invités.

Vous, avez-vous des traditions qui vous viennent de votre famille ou que vous essayez d’instaurer?


Demain, nous vous offrirons un nouveau cadeau. Restez à l’affût !

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