Au menu à Noël, partie 1

Calendrier de l’Avent, jour 14: Au menu à Noël, partie 1 🎁

Le temps des Fêtes est souvent synonyme de rencontres en famille, de congés festifs, de lumières et de décorations… mais aussi d’abondants festins ! Voici les origines de deux plats que nous dégustons particulièrement durant le temps des Fêtes.

 

La dinde farcie

Le jour de Noël, avant le XVIe siècle, les Français avaient coutume de manger de la volaille, et plus précisément de l’oie, qui, selon les croyances, assurait une protection à ceux qui la mangeaient. Avec la colonisation de l’Amérique, un nouveau type de volaille fait son entrée sur les tables de la royauté européenne : la dinde. En effet, celle-ci est appréciée pour son côté exotique et sa rareté (on croyait que l’on avait rapporté un poulet ou un coq d’Inde, expression rapidement raccourcie à dinde). Au XVIIe siècle, les Français réintroduisent la dinde sur le continent américain, mais l’oie ou même le bœuf demeurent de coutume sur les tables des Canadiens français. Selon Michel Lambert, l’auteur des cinq tomes de l’Histoire de la cuisine familiale du Québec, l’élevage de dinde augmente rapidement au XIXe siècle. C’est à ce moment qu’elle devient plus accessible pour la population lors des repas des fêtes. La dinde, plus grosse et alors moins onéreuse que l’oie, pouvait aisément nourrir une grande famille !

Et la farce ? Cette garniture était ajoutée au départ pour des raisons esthétiques. Il était souhaitable que la dinde demeure ferme et bien présentée aux invités. Depuis, l’on a découvert que la farce ajoutait beaucoup de saveur ; les recettes de farce se sont ainsi multipliées !

 

Une recette traditionnelle de dinde de Noël :

http://www.quebecuisine.ca/?q=dinde-rotie-pour-laction-de-graces-ou-noel

 

Dinde sauvage, 1827

Dinde sauvage, 1827
John James Audubon, The Birds of America
Encre ; Aquarelle ; Papier chiffon
Musée de la civilisation, collection du Séminaire de Québec, photographe : Jessy Bernier — Icône, 1993,346 06

 

Le réveillon de Noël à la campagne, 1881

Le réveillon de Noël à la campagne, 1881
L’Opinion publique, Vol. 12, no. 51 (22 décembre 1881), p. 601
BAnQ numérique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La tourtière du Lac-Saint-Jean

Qui ne connaît pas la tourtière, ce délicieux plat fait de viande en morceaux et de pommes de terre enveloppés dans une pâte dorée et croustillante ? Les premières traces de ce plat remontent à 1600 AV J-C, alors que l’on servait de la viande de petits oiseaux cuite entre deux abaisses de pâte. Le plat qui fait honneur à nos tables durant le temps des Fêtes proviendrait toutefois d’héritages distincts. Nos ancêtres en Nouvelle-France mangeaient une sorte de tourte mince qui s’apparente plus au pâté à la viande d’aujourd’hui. Avec l’arrivée des colons d’origine anglaise, arrive alors la sea pie[1] (ou tourte de mer), pâté en croûte consommé durant les voyages transatlantiques par les Anglais. Au Québec, il a été francisé de multiples façons : cipaille, cipaye, cipâte… C’est ce plat, cuisiné principalement dans le Bas-Saint-Laurent, qui aurait été apporté par les colons au Lac-Saint-Jean dès le XIXe siècle. Ce mets serait à l’origine de la tourtière jeannoise, qui, aujourd’hui, se distingue nettement de la cipaille gaspésienne (la cipaille est composé de six couches de pâte et de viande, c’est pourquoi l’on peut retrouver l’appellation « six-pâtes » qui est en fait une dérive sémantique de « cipaille » !).

Mais qu’on se le tienne pour dit, les recettes de tourtières, cipailles ou pâtés à la viande sont toutes différentes d’une région, voire d’une famille à l’autre !

Recette de tourtière de Noël avec quelques particularités régionales :

https://www.lapresse.ca/noel/deguster/recettes/200811/06/01-36961-tourtiere-de-noel.php

Connaissez-vous la tourtine ?

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1756235/restaurant-pate-viande-patates-saguenay

Une tourtière réinventée : la végétarienne !

https://www.ricardocuisine.com/recettes/1075-tourtiere-sans-viande-aux-pois-chiches-et-aux-champignons

 

Tourtière, 19e siècle

Le nom « tourtière » désigne le plat dans lequel était cuit le mets.
Tourtière, 19e siècle
Staffordshire, Royaume-Uni Cuivre, étain
5.3 cm x 34,8 cm x 47,6 cm
Musée de la civilisation, photographe : Amélie Breton — Perspective Photo, 68-1545

 

Et vous, quels mets garnissent votre table le soir du réveillon de Noël ?

 

[1] LEMASSON, Pierre. « Tourtière du Lac-Saint-Jean », Encyclopédie du patrimoine de l’Amérique française [En ligne], http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-90/Tourti%C3%A8re%20du%20Lac-Saint-Jean#6


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